La castration du cheval mâle

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La castration du cheval mâle

Messagepar Morgane » 15 Déc 2011, 21:18

Conférence d'évaluation sur la castration du cheval mâle !

Synthèse du jury
Introduction :

La conférence d’évaluation s’applique à la technique chirurgicale de castration des équidés mâles (le cheval sera utilisé comme terme générique) qui consiste en l’ablation des testicules pour des raisons de convenance ou pour des raisons médicales.
La castration est un acte chirurgical qui présente des indications et des contre-indications. Elle peut être pratiquée par tout vétérinaire habilité à exercer et effectuée sur le cheval debout ou couché, en décubitus latéral ou dorsal. Elle fait appel à différentes techniques chirurgicales et anesthésiques. Celles-ci présentent des avantages et des inconvénients. Cette intervention, bien que considérée comme courante, comporte des risques et des complications de type chirurgical ou anesthésique dont le client doit être informé, de préférence par écrit, préalablement à sa réalisation. Certaines compagnies d’assurances exigent cette information écrite.

Question A : Que considérer avant la castration ?
La castration peut être réalisée soit en clinique, soit chez le client.
En clinique, les avantages sont ceux liés au plateau technique qui permet d’élargir le choix des techniques et de mieux traiter les complications éventuelles. Les inconvénients sont dus au surcoût financier, au transport, au stress pour le cheval, à la modification de son habitus et de son environnement.
Chez le client, aucune différence significative n’est apparue entre la castration au pré ou dans un box, à condition que le lieu soit jugé approprié par le praticien.
Le cheval peut être castré en position debout ou couchée. Chacune de ces positions présente des avantages et des inconvénients.

Le praticien analyse et conseille le client sur le choix du positionnement et de la technique qui lui paraissent les plus adaptés en fonction de nombreux critères dont :

- le comportement du cheval (“coopératif” lors de castration debout), sa race, son âge ;
- l’état physique du cheval ;
- le personnel disponible (un aide expérimenté peut suffire) et sa compétence ;
- son expérience propre ;
- l’environnement (calme et sécurisé) ;
- le coût de l’acte.


Âge du cheval
La castration peut être réalisée à tout âge. Toutefois, avant l'âge de six mois, le risque de hernie inguinale semble plus important. L’emploi d’une technique à cordon couvert, avec pose d’une ligature, est alors recommandé. Chez le cheval adulte (trois à cinq ans selon la race), les complications sont plus fréquentes.
Il n’existe pas d’études probantes sur le lien entre l’âge de la castration, la croissance, ou les performances sportives. Seule la castration précoce (avant six mois d’âge environ) préviendrait le comportement sexuel mâle. En revanche, lors de castration plus tardive, le comportement sexuel et/ou agressif vis-à-vis de l’homme ou des congénères peut persister.
Il est vivement recommandé au praticien de s’assurer que le demandeur est bien le propriétaire du cheval ou son représentant dûment mandaté. Il s’enquiert des motifs de la demande de castration. Ilcheval ou son représentant dûment mandaté. Il s’enquiert des motifs de la demande de castration. Il vérifie l’identité du cheval à castrer et se renseigne sur ses antécédents comportementaux et médicaux, en particulier les anomalies portant sur la région inguinale et scrotale, ainsi que les antécédents de colique. Il se renseigne également sur l’état de la vaccination et de la vermifugation ; le défaut de vaccination antitétanique est corrigé si nécessaire. Si le cheval est assuré, le demandeur est informé de la nécessité de prévenir la compagnie d’assurances. Il appartient au demandeur d’en assumer toutes les formalités. De manière à obtenir son consentement éclairé et de préférence écrit, le praticien informe le demandeur :

- des différentes techniques chirurgicales possibles (coût respectif, avantages et inconvénients, complications), ainsi que des risques anesthésiques et de leurs complications ;
- des précautions préopératoires, notamment la restriction alimentaire (sur les chevaux en pleine activité, il convient d’adapter l’alimentation à la diminution d’exercice physique). Il n’existe pas d’étude sur l’intérêt de la mise à jeun préalable à la castration ;
- des contraintes de la période postopératoire ;
- de l’appartenance éventuelle de son cheval à une population supposée à risque (Trotteur et Selle français de grand gabarit et/ou âgés). Le praticien procède à un examen clinique adapté aux commémoratifs et à la technique choisie pour l’anesthésie et la castration. Les régions inguinale et scrotale font notamment l’objet d’une inspection et d’une palpation externe. La palpation transrectale est un examen complémentaire dont la mise en œuvre sera laissée à la libre appréciation du praticien.
Cet examen a pour objet d’évaluer la taille des anneaux vaginaux dans le but d’estimer les risques de hernies. La valeur
prédictive de cet examen n’est pas absolue. Avant de l’entreprendre, les commémoratifs, la faisabilité, les risques de l’acte pour l’animal et les personnes seront pris en compte et le consentement éclairé du demandeur sera obtenu.
Le praticien informe le demandeur qu’il se réserve la possibilité de modifier le moment de l’intervention, la technique anesthésique et le mode opératoire en fonction des circonstances.

Question B : Que considérer pendant la castration ?
Contention et anesthésie
Le vétérinaire étant responsable de la sécurité des biens et des personnes qui l’entourent, il a pleine autorité sur les aides et les modalités de leur participation.
Lors de castration debout, la personne qui maintient la tête du cheval est déterminante : elle doit être compétente pour assurer la contention d’un cheval mâle. La position de sécurité de cette personne se situe juste en avant de l’épaule, du même côté que celui où se tient le praticien. Cette technique de castration fait appel à la tranquillisation et à l’anesthésie locale qui doit être systématique. La contention physique ne doit pas être agressive. Le praticien doit être en possession des moyens lui permettant de réaliser une anesthésie générale d’urgence.

Lors de castration couchée, plusieurs méthodes d’anesthésie fixe ou gazeuse sont envisageables pour réaliser un acte sécurisé et non douloureux (notamment les associations d’alpha2-agonistes et de kétamine). Le chloral ne doit plus être prescrit. La prévalence des accidents anesthésiques chez de jeunes animaux en bonne santé serait de 1 à 3 ‰.
Quel que soit le protocole, la mise en place d’une voie veineuse est souhaitable. Le praticien doit être en possession d’une trousse d’urgence minimale facilement accessible.
Voies d’abordLes voies d’abord scrotale et inguinale sont les plus fréquemment utilisées. La cœlioscopie est une technique en cours d’évaluation.

Matériel
Le praticien dispose du matériel suivant :

Les casseaux, utilisés dans 12 % des castrations en France en 1998. Ils peuvent permettre de réduire les risques d’éviscération et d’hémorragie. Il n’existe pas de données objectives sur le risque infectieux et sur la douleur engendrés par cette technique par rapport à une autre. L’émasculateur, majoritairement utilisé. Le temps de serrage peut être compris entre deux et cinq minutes. Il est parfois accompagné de la pose d’une ligature (40 % des cas en France en 1998) dans le but de limiter le risque d’hémorragie. Les avantages et les inconvénients du choix de la nature du fil ne font pas l’objet d’un consensus. La ligature seule, qui peut parfois remplacer l’émasculateur lors de castration couchée.

Techniques
La technique fermée (cicatrisation par première intention) semble la plus adéquate pour limiter au maximum les risques d’éviscération. Elle nécessite cependant une anesthésie générale plus longue, n’exclut pas le risque de hernies et peut exposer aux collections sérohémorragiques.

La technique ouverte (cicatrisation par seconde intention, 90 % des castrations en France en 1998) peut être réalisée debout sous tranquillisation et anesthésie locale, ou couchée sous anesthésie générale. Plus rapide et moins coûteuse, cette technique expose davantage à l’hémorragie, à l’éviscération et à l’infection.

Utilisation des antibiotiques
La meilleure lutte contre l’infection réside dans le respect des règles d’asepsie (la préparation du site opératoire, du fourreau et de la queue sont déterminants). L’antibioprophylaxie bien réalisée peut être utile, mais n’est pas obligatoire. L’antibiothérapie postopératoire est couramment utilisée, mais elle ne peut compenser un manque d’asepsie.

Question C : Que considérer après la castration ?
Consignes postopératoires

Lors de castration couchée, le praticien reste présent jusqu’à ce que le cheval soit capable de se maintenir debout. Les instructions pour les suites post-anesthésiques doivent être détaillées et écrites, notamment en ce qui concerne la reprise de l’alimentation pour un cheval au box (jeûne minimal de deux à quatre heures). Les AINS et les dérivés morphiniques peuvent être utilisés pour le contrôle de la douleur postopératoire.
Le praticien doit expressément préciser, par écrit, toutes les mesures de surveillance immédiate et différée au détenteur de l’animal. Cette surveillance sera permanente pendant les quatre à six heures qui suivent l’intervention, puis régulière (toutes les quatre à six heures) pendant vingtquatre heures, puis biquotidienne pendant une semaine. Le détenteur sera informé qu’il devra prévenir le praticien de toute anomalie, à savoir :

- saignement excessif ;
- hernie ou éviscération ;- coliques ;
- dysphagie ;
- difficultés locomotrices ;
- hyperthermie ;
- œdème ;
- inappétence ;
- douleur, œdème ou induration de la jugulaire du côté de l’abord veineux ;
- ramollissement ou absence de crottins ;
- état général altéré.

La remise en mouvement précoce est importante pour le drainage et la prévention d’un œdème excessif.

Différentes situations sont envisageables après la castration :
- au pré, il appartient au détenteur de l’animal d’observer le comportement du cheval
(intervenir en cas d’excès ou de défaut d’activité). Il convient d’éviter les paddocks boueux ou poussiéreux et la présence de stimuli extérieurs.

- au box, l’exercice contrôlé au pas (en main ou au marcheur), plusieurs fois par jour, est
prescrit pour une à deux semaines.

Complications
Les complications les plus fréquentes de la castration sont l’œdème, l’infection, l’hémorragie, l’éviscération et la hernie.
Lors d’œdème ou de souillure des plaies, il peut être utile de doucher à l’eau froide le site périopératoire dès le lendemain de la castration.
La survenue d’une éviscération ou d’une hernie (lors de technique fermée) semble imprévisible, quelles que soient les précautions prises durant l’examen préopératoire. La survenue d’une éviscération nécessite le nettoyage et si possible le refoulement des anses ectopiées, la suture des bourses et, dans tous les cas, la conduite du cheval vers un centre spécialisé dans les meilleurs délais. La survenue d’une hernie nécessite également de le diriger rapidement vers un centre spécialisé.
En cas de castration ouverte, un écoulement sanguin goutte à goutte pendant plusieurs heures est
normal, mais un écoulement en filet continu nécessite une surveillance permanente et éventuellement une intervention.

Concernant les ânes et les mulets, des hémorragies plus fréquentes ont été rapportées, dont la cause reste inconnue.

Question D : Communication avec les clients au sujet de la castration
L’information transmise au demandeur (propriétaire ou représentant dûment autorisé) doit être simple, loyale, intelligible et totale. Elle comprend le contenu du document préopératoire décrit dans la question A et les consignes postopératoires abordées dans la question C. Ces informations devraient être reportées sur un formulaire écrit et signé avant la castration et qui constitue la base du recueil du consentement éclairé.
FIN

source : http://www.avef.fr/index.php?option=com ... 38&lang=fr
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